Depuis le début des frappes iraniennes sur les Émirats arabes unis, une vague de départs précipités a déferlé sur les luxueuses villas et penthouses de Dubaï. Passeport, ordinateur, montre de luxe : les priorités sont claires ! Les habitants fuient le pays en laissant leurs animaux derrière eux. Les chiens et autres animaux de compagnies sont lâchement abandonnés… Un histoire de fidélité à sens unique.
Qui sont les influenceurs qui abandonnent leurs animaux à Dubaï ?
Les images ont commencé à circuler dès les premières heures de panique : des chiens attachés à des lampadaires ou à des poubelles, des chatons abandonnés dans des cartons devant les refuges, des animaux enfermés dans des appartements sans eau ni nourriture, le regard tourné vers la porte dans l’attente d’un retour qui ne viendra pas.
Au cœur de la polémique, un nom revient en boucle : celui de Maddy Burciaga, influenceuse française forte de près de 4 millions d’abonnés, installée à Dubaï avec son mari Benjamin Samat. Le couple a quitté les Émirats arabes unis pour l’île Maurice avec leur fils, laissant leur golden-retriever Maya sous la surveillance de leur nounou. La justification avancée ? « Trop compliqué car trop de paperasse. ». La réaction ne s’est pas fait attendre. La Ligue des Animaux a condamné publiquement ce comportement sur X, rappelant avec amertume que « un chien, lui, ne quitterait jamais son humain pour sauver sa peau. ».
Autre nom pointé du doigt : Sarah Lopez, qui affirme que son chat Bella était en réalité un chat errant vivant dans son jardin. Une explication qui n’a convaincu personne. L’animatrice Valérie Damidot est également montée au créneau pour dénoncer ces pratiques qu’elle juge inadmissibles. À l’inverse, l’influenceuse Mélanie Dedigama, elle aussi installée à Dubaï, a choisi le camp de la dignité : elle sillonne régulièrement les rues de la ville pour nourrir les animaux abandonnés et a tenu à s’exprimer sans détour sur ses réseaux : « Ces personnes ne méritent aucun respect.«
Dans son post Facebook du 12 mars 2026, Jerem Star nous fait part de son sentiment sur les chiens abandonnés à Dubaï. Merci.

Sur le terrain, les chiffres donnent le vertige. Tas, une jeune femme de 18 ans vivant à Dubaï qui gère le portail « UAE Animal Community », a déjà documenté environ 200 cas d’abandons dans ses groupes WhatsApp et Facebook, et ce n’est que la pointe de l’iceberg. Anso Stander, directrice d’un refuge pour animaux à Al Ain, confie avoir reçu pas moins de 27 messages désespérés en une seule journée.
Pourquoi ils abandonnent leurs animaux et jusqu’où ça va
Derrière la brutalité des images, il y a une logique froide, presque clinique. La raison administrative est souvent invoquée : pour rentrer en France avec un animal, les propriétaires doivent fournir un titrage des anticorps antirabiques réalisé trente jours après la vaccination et trois mois avant l’arrivée sur le territoire européen : un délai impossible à tenir en situation de conflit armé.
Mais cette explication administrative, aussi réelle soit-elle, ne justifie pas tout. Car certains ont fait bien pire que laisser leur chien avec une nounou. Des vétérinaires ont reçu des demandes de rendez-vous pour euthanasier des animaux en parfaite santé, simplement parce que leurs propriétaires ne voulaient ni payer les frais de transport ni prendre le temps d’organiser un rapatriement. Des animaux ont été retrouvés enfermés dans des appartements, attachés à des bancs ou déposés dans des cages de transport avec des petits mots d’excuses. Certains propriétaires, à qui Tas avait proposé une aide pour rassembler les documents nécessaires pour faire voyager leurs animaux, ont simplement répondu qu’ils ne voulaient pas.
Ce scandale met en lumière un phénomène plus profond : ces chiens et chats étaient des accessoires de contenu. Mis en scène sur les réseaux, utilisés pour construire une image de famille épanouie et lifestyle assumé, ils sont devenus embarrassants le jour où ils représentaient une contrainte. Reha Hutin, présidente de la Fondation 30 Millions d’Amis, résume la situation sans détour : « C’est une image lamentable envoyée par une partie de cette communauté, pour qui un chien n’est qu’un faire-valoir et qui l’abandonne à la première occasion. »
Ce que ça dit de nous et d’eux
Il y a quelque chose de particulièrement douloureux dans ce scandale pour quiconque a déjà partagé sa vie avec un chien. Parce que la trahison est à sens unique. Un chien ne calcule pas. Il ne fuira jamais en laissant son humain derrière. Pendant que des valises se bouclaient à la hâte dans des appartements climatisés, des golden retrievers, des labradors et des caniches se sont sans doute approchés de leurs maîtres, la queue frétillante, certains de partir avec eux. Ils ne pouvaient pas comprendre.
Cette asymétrie de la fidélité inconditionnelle de l’animal face à la versatilité de l’humain est peut-être ce qui rend le scandale si difficile à digérer. Ce n’est pas seulement de la cruauté. C’est une trahison d’une confiance qui n’a jamais été négociée, parce qu’un chien ne sait pas négocier. Il aime, c’est tout.
Et sur les réseaux, là même où ces chiens avaient été célébrés des mois durant, la sentence est tombée avec la rapidité d’un double-tap : des voix s’élèvent désormais pour réclamer des sanctions contractuelles de la part des marques qui financent le train de vie de ces influenceurs, exigeant une tolérance zéro face à l’abandon animal.
La loi à Dubaï : sévère sur le papier, débordée dans les faits
On pourrait croire que les Émirats arabes unis, pays réputé pour son ordre et sa rigueur légale, offrent une protection solide aux animaux. En théorie, c’est vrai. L’abandon d’animaux de compagnie est puni d’une amende pouvant atteindre plusieurs dizaines de milliers d’euros. Face à l’afflux d’animaux dans les rues, la municipalité de Dubaï a même mis en place 12 stations d’alimentation automatisées à travers la ville.
Mais la réalité du terrain est tout autre. Il n’existe pas de refuge d’État pour accueillir les animaux en cas d’urgence à Dubaï. L’association K9 Friends, qui s’occupe des chiens abandonnés aux Émirats arabes unis, dit être submergée d’appels depuis le début de la guerre. Les refuges privés, bénévoles et associatifs portent seuls le poids d’une crise qu’ils n’ont pas anticipée, pendant que les propriétaires fuyaient, montre au poignet, vers les aéroports.



